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Délocalisation
29 janvier 2016

Récapitulatif des démarches engagées par la commission délocalisation auprès du CNC

Récapitulatif des démarches engagées par la commission délocalisation auprès du CNC en collaboration avec Raphaël Sohier de l’AFSI.

 Démarche engagée depuis septembre auprès du CNC suite à la lecture de

« L’étude comparative des crédits d’impôts en Europe et au Canada » commandée par ce dernier et qui met l’accent sur le peu d’attractivité de la France et le manque de souplesse comparé aux autres pays étudiés !

Sensible à notre démarche alarmante et avec l’appui du travail qu’avait réalisé Dominique Gaborieau et Eric Tisserand sur les délocalisations en 2012, un rendez vous a eu lieu avec le numéro deux du CNC, Mr Lardoux directeur de la branche Cinéma assisté de son adjoint Mr Vennier. Mr Lardoux arrivé récemment à ce poste , a été sensible à un discours autre que celui des producteurs et des syndicats

Les points évoqués ont été :

-La demande pour les monteurs son et mixeurs d’apparaître dans le décompte des points du barème de l’agrément. Mr Lardoux nous a incité à rencontrer Mr Sussfeld, rapporteur de la Commission Agrément ( voir détails à la fin).

-Le rappel et le constat que la délocalisation massive ne fléchie pas depuis notre première étude : 34% en 2012 et 37% premier semestre 2015 ! (niveau jamais atteint depuis 8 ans)

-Avec pour conséquences perte d’emplois mais aussi difficultés énormes pour les industries de postproduction (Digimage , Eclair Groupe ,Studio Sledge, Ink, etc…).

-Le constat d’un paradoxe avec une production importante (plus de 220 films) , et une recherche de Tax Shelter quasi systématique tentant à prouver ( chiffres en cours de vérification) que près de la moitié de la production Française ne pourrait exister sans ce mécanisme !!!

Le questionnement sur la politique à mener au vue de l’étude citée , mais sans retour car elle n’avait pas été lue !!!

Ce qui nous a mené ( Dominique, Raphaël Sohier et Eric Tisserand) à faire de la pédagogie et à leur transmettre une synthèse de l’étude ( concernant les chapitres sur la France , la Belgique et le Luxembourg)….

En découle une réunion programmée début janvier pour faire le point et évoquer des perspectives.

La sensibilisation sur le problème du fond de soutien , acquis par les producteurs de façon quasi systématique, par un mécanisme qui leur permet avec leurs seuls points de l’obtenir même s’ils délocalisent tout le film !!! (déjà dénoncé en 2013 aux Césars et au CNC)

La demande de refonte ou de modification profonde des SOFICA , partenaires privés mais régulés par le CNC (12 agréées cette année et prises d’assaut en 1 mois)

Nous avons aussi évoqué l’annexe 3 et ses dérives….

Et le choix des chefs de postes qui ne se fait plus que sur des critères économiques plutôt qu’artistiques….

Monsieur Lardoux a évoqué des difficultés rencontrées auprès des députés et du ministère des Finances pour demander des aides supplémentaires, alors qu’elles sont maintenant perçues comme des niches fiscales …..

Une autre étude achetée récemment par l’AFSI et gracieusement transmise à l’ADM

« Système d’incitation fiscale et leur impact sur la production en Europe entre 2009 et 2013 » évoque bon nombre de points de l’étude CNC à laquelle elle fait référence.

Elle étudie tous les mécanismes sur les aides (Abris fiscaux, Dégrèvements, Crédits d’impôts…), les flux de productions intra- européens, etc…)

Bref assez indigeste tout comme celle du CNC ….

Quelques données révélatrices  :

Croissance moyenne des dépenses de productions sur 5 ans

2% en France et 17% en Belgique

Importance des dépenses dans la production par rapport au PIB

France et Belgique 0,07%

En France

L’utilisation du crédit d’impôt (entre 2005 et 2013) pour les films de moins d’1 M€ ne représente que 24% quand elle est de plus de 50% pour la tranche de 1 à 15 M€ !

Pour chaque euro versé dans le cadre du crédit d’impôt en faveur de la production cinématographique, 4 € de recettes fiscales et sociales sont perçues par l’Etat et 11,3€          sont investit dans la filière !

Les démarches pour une modification de la méthode d’attribution des points :

Monsieur Lardoux nous a proposé de rencontrer A. Sussfeld (entre autres patron d’UGC et producteur…) , néanmoins rapporteur pour la Commission Agrément du CNC, et qui depuis fin septembre est missionné pour rencontrer les différents chefs de postes . Il doit remettre fin décembre une nouvelle proposition pour «  adapter et moderniser » » le régime qui conditionne l’accès des films aux aides du CNC, ceci en vue de la refonte de l’Agrément .

Le nombre de points est le critère qui peut permettre au producteur du film d’avoir accès au fonds de soutien du CNC. Plus il réunit de points (jusqu’à 100), plus il a de soutien… Mais les producteurs ont négocié (depuis plusieurs années ) pour que, dès qu’ils réunissent 80 points, ils obtiennent d’office les 100 points permettant une aide maximale , à 75 points ils obtiennent 90, etc…. !!!

Ce dispositif qui devrait inciter à faire les films français en France, et/ou avec des techniciens français ne fonctionne pas vraiment comme nous le constatons malheureusement tous.

Rappel : Les postes de monteur son et mixeur n’intègrent toujours pas à ce jour la grille puisqu’ils ne sont pas répertoriés !! Quand on sait que le chef opérateur son et son perchman valent chacun 1 point…

De plus la rubrique « mixage de la version originale » peut apporter 5 points (ainsi il y a des films mixés à l’étranger, finalisés en France en 3 jours ce qui permet de la sorte de récupérer les 5 points !).

La demande auprès de Monsieur Sussfeld a porté sur l’intégration de notre poste et celui des monteurs son dans la grille , ainsi que les auditoria et salles de montage présents sur le territoire français pour la fabrication TOTALE de la bande sonore .

De plus nous lui avons récemment envoyé une proposition de calcul qui nous semble plus juste ( sur une initiative de Didier Lesage)

Résumé ainsi :

-Le total des points du barème peut dépasser les 100 points actuels ( par ajout de points supplémentaires liés aux nouveaux postes introduits dans la grille).

-L’application d’un coefficient correcteur applicable à la somme des points obtenus à partir du moment où l’on souhaite garder la référence 100 comme total maximal. Ce coefficient serait alors égal à 100/nombre total de points du barème.

Exemple : admettons que dans ce nouveau système, le nombre de points maximal soit de 125. Si la production obtient 75 points par l’utilisation de différents postes, le chiffre effectivement retenu pour le calcul des montants des aides financières serait donc de 75 x (100/125) = 60.

Cette proposition ne concerne que l’aspect relativement simple du « calcul » des points et non d’autres aspects, tels que le nombre de points attribués aux différents postes .

Cependant elle a l’avantage de pouvoir s’appliquer immédiatement sans remettre en cause un statu quo probablement imparfait, mais qui a l’avantage d’exister. Un autre avantage est que l’on peut à l’avenir intégrer de nouveaux postes, simplement en changeant le coefficient correcteur qui tient compte du nombre maximal de points du barème alors obtenu.

Rendez vous en janvier pour savoir si nous avons été entendus….

D’ici là bonnes fêtes à toutes et à tous.

La Commission Délocalisation

 (Texte transmis par Eric Tisserand)

Actualités
27 janvier 2016

La postproduction son fait entendre sa voix

TissGaboSohierETLa réforme du crédit d’impôt et de l’agrément pourraient ne pas mettre fin à la délocalisation massive de la postproduction son.

 

* Lors de la soirée de remise du Trophée technique des César, Alain Terzian, président de l’UPF et de l’Académie des César, Thierry de Segonzac, président de la Ficam, et Patrick Bézier, directeur général du groupe Audiens, se sont félicités de la réforme du crédit d’impôt et ont estimé qu’elle devrait mettre fin aux délocalisations de la production française, voire au déficit du régime chômage des intermittents. Cet optimisme assez général n’est pas partagé par tous, loin s’en faut. En effet, les techniciens français de la postproduction du son craignent de continuer à être les grands oubliés de notre système de soutien.

Depuis peu, ils se sont regroupés au sein de deux grandes associations : l’ADM, qui regroupe les mixeurs et l’AFSI, qui regroupe tous les techniciens du son, y compris ceux du tournage. Selon Dominique Gaborieau, mixeur son – qui a travaillé notamment sur Les Beaux Jours, Geronimo, La famille Bélier, Microbe et Gasoil ou Je compte sur vous, et avait été nommé aux César pour Amen, en 2002, puis pour Le Scaphandre et le Papillon, en 2007 -, la multiplication des associations regroupant les membres de chacune des corporations du cinéma et de l’audiovisuel serait un phénomène qui illustre leur inquiétude. Il y en aurait désormais plus d’une vingtaine, groupant 4 à 5 000 salariés.

Mais pourquoi la profession de la postproduction son manifeste-t-elle ce pessimisme ? Au nom des deux associations citées plus haut, trois techniciens l’expliquent concrètement. Éric Tisserand, mixeur son – qui a œuvré dernièrement sur L’image manquante, Le Dernier Coup de Marteau, Nos futurs ou L’Hermine, césarisé en 2013 pour Cloclo -, rappelle que, dans son secteur, « la délocalisation approche actuellement 40% » ; il estime que cela ne devrait pas beaucoup changer dans les mois à venir.

En effet, comme l’explique Dominique Gaborieau, actuellement, il n’y a aucun point de l’agrément attribué aux techniciens de la postproduction son. Ces postes sont, en revanche, pris en compte pour le calcul du « tax shelter » belge. Or, pour être compétitif avec ce dernier, il faut cumuler crédit d’impôt et soutien financier.

D’ailleurs, en Belgique le secteur de la postproduction son s’est développé si vite que certains travaux ne seraient pas « au niveau » et devraient être refaits en France, mais sans que le mixeur français n’apparaisse au générique. « Même dans ce cas, c’est plus intéressant pour le producteur français », note Dominique Gaborieau.

Au contraire de la Belgique, où les auditoriums ne désempliraient pas, la France enregistre dans ce secteur un chômage considérable des techniciens et une grave crise des prestataires : dans ce secteur, l’outil industriel français du son est en voie de disparition, affirment-ils.

 

Un des grands enjeux de la réforme.

En principe, la prochaine réforme de l’agrément, qui sera discutée à la suite du rapport qu’Alain Sussfeld doit remettre dans les jours à venir à Frédérique Bredin, devrait augmenter les points techniques. Mais au détriment de qui, puisque le total des points ne peut pas dépasser 100% ? « Ce qu’on craint, c’est qu’on ne les prenne à personne », explique Raphaël Sohier, monteur son qui a travaillé dernièrement sur Toute première fois, Marguerite et Julien, La Vanité ou Médecin de campagne. « On va sans doute nous attribuer des points. Mais le producteur pourra picorer dans les points, comme dans l’actuel système où, avec 80 points sur 100, on a 100% du soutien. Et les techniciens, comme les prestataires de la postproduction son française, continueront à être les grandes victimes du système. »

C’est pourquoi les techniciens du son réclament non seulement d’être dans les points, mais se méfient de cette « malléabilité » accrue. Ils proposent ainsi d’attribuer des points pour la localisation géographique, c’est-à-dire la postproduction chez des prestataires situés en France.

Ainsi, tout comme la redistribution des points, cette « malléabilité » sera l’un des grands enjeux de la réforme de l’agrément. Et, partant, un enjeu également de la réévaluation de la postproduction et du son par rapport au tournage et à l’image.

Serge Siritzky

Article paru dans Écran total n°1075 en date du 13 janvier 2016

Actualités
27 janvier 2016

Fleur Pellerin s’exprime dans Écran total

fleur_pellerinArticle paru dans Écran total n°1071 en date du 16 décembre 2015

 

Fleur Pellerin

« Les relocalisations vont permettre de maintenir le savoir-faire français qui est un vrai atout »

 

La ministre de la culture et de la communication détaille son bilan et ses chantiers prioritaires.

Le Parlement vient de voter la réforme du crédit d’impôt. C’est une réforme importante pour laquelle la profession se battait depuis longtemps…

Je suis arrivé au ministère avec une vision claire des réformes à mener pour soutenir la création. Améliorer les crédits d’impôt en faveur du cinéma et de l’audiovisuel en faisait partie. Parce que relocaliser les tournages, c’est essentiel pour l’emploi culturel, mais aussi pour consolider en France tous nos savoir-faire, tous les métiers de la création et de production. C’est un vrai levier pour favoriser l’investissement dans la création française. Les Belges, les Britanniques, les Hongrois ont mis en place des systèmes attractifs. Il y avait urgence à donner les moyens de lutter à armes égales. J’ai donc entamé le travail pour le cinéma et l’animation, et, grâce au soutien des parlementaires, nous avons pu cette année renforcer encore pour le cinéma et la fiction télévisuelle. Notre dispositif est désormais l’un des plus attractifs qui existent.

 

C’est incontestable, mais d’autres pays ont tout de même des mécanismes encore plus attractifs parce que l’assiette de leur crédit d’impôt est beaucoup plus large que le nôtre qui n’est pas de 30% de la totalité de budget…

J’entends plutôt que de nombreux tournages qui devaient se faire en Belgique ou en Hongrie sont finalement rapatriés en France ! Martin Scorsese m’a dit que la France avait un atout majeur, c’est la qualité de ses techniciens qui « comprennent le cinéma ». Les relocalisations vont permettre de demain tenir le savoir-faire français qui est un vrai atout. Nous avons plusieurs outils pour y contribuer. Je pense à la mission d’Alain Sussfeld sur la réforme de l’agrément pour le cinéma. Et puis le soutien à la création française, c’est tout un écosystème : le crédit d’impôt, mais aussi les soutiens du CNC, les obligations d’investissement, le rôle de France Télévisions, dont je souhaite qu’il soit davantage un aiguillon de la création.

 

Dans le domaine de la fiction, notre pays commence à avoir une bonne réputation. Nos séries, notamment, font désormais de bonnes audiences en France et certaines commencent à bien se vendre à l’étranger. Mais nous produisons toujours la moitié du Royaume-Uni et le tiers de l’Allemagne.

Des pays comme les pays scandinaves, Israël ou la Turquie produisent des séries de grandes qualités qui s’exportent très bien, tout en étant tournées en langue originale. C’est une question de créativité, d’audace et d’écosystème. Dès que je suis arrivée au ministère, j’ai voulu soutenir la diversité de la création audiovisuelle, favoriser la relocalisation des tournages, promouvoir le rayonnement de la création. C’est notamment pour ça que j’ai renforcé le service public audiovisuel, parce qu’il joue un rôle majeur dans le soutien à la création française et à sa diversité, et tout particulièrement à la fiction.

 

Comment atteindre ces objectifs ?

Nous avons d’abord réformé les aides du Centre national du cinéma (CNC) dédiées au documentaire, au spectacle vivant, à l’animation, pour mieux accompagner la création, au terme de concertations approfondies. S’agissant du documentaire, il faut aller encore un peu plus loin. Certaines œuvres, parmi les plus originales et les plus audacieuses, ont beaucoup de mal à trouver des financements. J’ai donc demandé au CNC de travailler sur les conditions d’une hausse du plafond d’intensité des aides publiques à un niveau de 70%, voire 75%. Ce travail est en cours, il me paraît nécessaire pour mieux soutenir la création documentaire, la plus difficile.

 

Que comptez-vous faire pour pousser les ventes internationales ?

Le CNC a travaillé à des réformes sur les soutiens à l’exportation. Soutenir l’exportation, cela implique aussi de développer une production audacieuse, originale, comme je l’ai demandé dans la feuille de route de France Télévisions. Il faut que tous les partenaires soient sucités à une meilleure circulation des œuvres, y compris à l’étranger. C’est pour cela que j’ai lancé deux chantiers en vue d’améliorer le partage du risque. Tout d’abord, celui de la transparence des comptes de production et d’exploitation, qui avance très bien, et où je souhaite un accord interprofessionnel très rapidement. Le projet de loi que je défends au Parlement devrait permettre de consolider ces avancées. Et puis, il y a le chantier des relations producteurs-diffuseurs. J’avais annoncé en janvier mon souhait d’évolutions équilibrées des décrets. Nous avons beaucoup travaillé depuis, avec les diffuseurs et les producteurs. Je suis donc très satisfaite de l’accord qui vient d’être conclu entre France Télévisions et les syndicats de producteurs. France télévisions pourra disposer de davantage de flexibilité, sécuriser ses marques phares et être davantage impliquée dans la production. Elle pourra négocier des droits plus souples, notamment numériques. En même temps, l’accord donne des garanties aux producteurs indépendants, avec des engagements très clairs en faveur de la création – j’avais renforcé les moyens de France Télévisions à cette fin – ainsi que des engagements sur la circulation des œuvres et la durée des droits.

Je souhaite maintenant que les diffuseurs privés engagent très vite des discussions sur des principes similaires. Par ailleurs, nous devons faire davantage rayonner la création française, notamment dans le domaine de la fiction. J’ai demandé en ce sens à Laurence Herszberg (directrice du Forum des Images, NDLR) de réfléchir à un grand festival international des séries, comme le Festival de Cannes, le Festival d’animation d’Annecy ou le Sunny Side. Elle doit me remettre son rapport au début 2016. Si la France n’organise pas un tel évènement, d’autres le feront.

 

Vous vous êtes félicitée du rachat de Newen par TF1. Que répondez-vous à la présidente de France Télévisions qui dit qu’elle ne va pas enrichir son principal concurrent en commandant des programmes à sa filiale, en plus avec l’argent de la redevance ?

A quoi sommes-nous confrontés en réalité ? A un grand mouvement de concentration dans le secteur audiovisuel. Ma priorité, c’est que ce mouvement ne porte pas atteinte à la diversité de la création française. Je n’ai aucun doute : la force de la création, c’est sa diversité. Mais pour cela, il faut préserver des acteurs français solides, que nous savons réguler et qui ont intérêt à investir dans la création française pour se différencier face à des entreprises internationales très consolidées. Nous ne défendrons pas l’exception culturelle si nous ne sommes pas capables de faire vivre une vraie diversité de structures : des entreprises puissantes, capables de porter la création française dans le monde, et des entreprises plus petites, souples, agiles, qui apportent au secteur l’innovation et la créativité dont il a besoin. Si nous ne créons pas les conditions pour faire vivre toute cette diversité, alors nous prenons le risque de voir notre création affaiblie, face au développement de géants partout dans le monde qui allient capacité de production et de diffusion. Cela fait longtemps que Newen cherchait à s’adosser à un groupe plus puissant pour financer son développement international. Ce qui était sur le point de se passer, c’est la prise de contrôle par une grande chaîne étrangère. Je ne suis pas persuadée que cela eût été préférable… Mais je l’ai dit tout aussi clairement : il faut que les intérêts de France Télévisions soient protégés. Aux deux entreprises de négocier les termes.

 

La situation est tendue…

Comme dans beaucoup de négociations.

 

Donc, ça ne vous choque pas qu’une chaîne puisse être le principal actionnaire d’un producteur ?

Non, si c’est un modèle parmi d’autres.

 

Toutes les grandes chaînes européennes, comme la BBC ou la RAI, diminuent considérablement leurs personnels. France Télévisions avait entrepris une politique de départs volontaires. Or, le groupe semble avoir des frais de structures très importants, notamment à France 3. Estimez-vous que ces économies doivent se poursuivre ?

J’ai souhaité renforcer le financement de France Télévisions, qui se trouvait en situation économique délicate, avec des perspectives de déficit de plusieurs dizaines de millions d’euros. En 2016, l’entreprise bénéficiera de 30M€ supplémentaires pour restaurer sa situation économique, et elle aura un financement plus solide, avec la fin des subventions budgétaires et l’affectation directe d’une partie de la taxe sur les opérateurs de communications électroniques. Cela ne dispense pas France Télévisions de continuer ses efforts de gestion dans un contexte où tous les opérateurs en font. Ce que je souhaite, c’est que la France est un audiovisuel public ambitieux pour la culture, tourné davantage vers le jeune public, et exemplaire en matière de gestion. Ce sont des priorités que j’ai fixées à la présidente de France Télévisions.

 

Est-ce que vous ne pensez pas que les pouvoirs publics ont des mesures à prendre pour favoriser les créations de ce que l’on appelle les émissions de flux, un domaine où l’on importe beaucoup de formats, et où, donc, on en crée peu ?

Je ne crois pas que ce soit un sujet de réglementation. Quand je demande au service public d’être un aiguillon du secteur audiovisuel, cela implique qu’il joue un rôle pour promouvoir davantage la création de formats originaux. Delphine Ernotte l’a d’ailleurs bien en tête.

 

Le piratage en France a fait chuter de plus de 50% les ventes de disques et de DVD. L’Hadopi aboutit à seulement quelques dizaines de condamnations par an. D’autres pays comme l’Allemagne ont réussi à mieux protéger leur marché légal par un système simple d’amende quasi-automatique et élevé des consommateurs pirates. Ne pensez-vous pas qu’il faudrait s’inspirer de leur système ?

Le premier ministre et moi-même avons affirmé la volonté très claire du gouvernement de lutter efficacement contre le piratage, qui menace la création. C’est une priorité. Le plus efficace, c’est de frapper au porte-monnaie les sites pirates. D’où les accords que nous avons négociés avec les annonceurs, les régies publicitaires et les acteurs du paiement en ligne. Par ailleurs, il y a des systèmes d’empreinte qui sont peu utilisés en France mais qui fonctionnent pourtant très bien : par exemple, à partir du moment où un ayant droit a fait retirer un programme de Youtube, il n’a pas besoin de réintervenir si ce programme réapparaît. Il est automatiquement bloqué. Nous avons également travaillé sur la promotion de l’offre légale, en créant, avec le CNC et les partenaires privés, un service de référencement donnant accès à des milliers d’œuvres simplement et légalement.

 

Avez-vous des premiers résultats sur ce service ?

Déjà plusieurs dizaines de millions de vues chaque mois, et, même si c’est un peu tôt, je me réjouis qu’un effet positif sur le marché de la vidéo à la demande puisse être constaté. L’Association de lutte contre la piraterie [Alpa, NDLR] qui représente les ayants droit s’est félicitée de toutes ces mesures.

 

Et les plateformes de SVoD qui ne payent pas leurs impôts en France ni la taxe alimentant le comte de soutien ?

C’est un des enjeux majeurs aujourd’hui pour la création et plus largement pour les finances publiques. Nous avons fait des avancées, en réformant la TVA mais aussi en modernisant la taxe vidéo perçue par le CNC. Ce texte est toujours à l’examen de la Commission européenne. Je plaide également pour que, dans le cadre de la directive sur les services de médias audiovisuels, nous luttions mieux contre les contournements de régulations nationales. Il nous faut aussi agir pour que les plateformes soient mieux régulées, alors qu’elles sont aujourd’hui considérées comme de simples hébergeurs. Or, elles ne sont plus des intermédiaires purement techniques, quand la plupart a une politique éditoriale et tire des bénéfices colossaux de la diffusion d’œuvres à laquelle elles ne contribuent pas. C’est donc un travail très complexe, pour moderniser toute notre régulation, l’adapter aux nouveaux usages et aux nouveaux modèles de diffusion des œuvres.

 

Pensez-vous obtenir gain de cause au niveau européen ?

C’est vraiment un grand combat. On a fait des avancées, je le disais tout à l’heure. Mais il reste beaucoup à faire. Je reste optimiste, c’est absolument majeur pour préserver l’exception culturelle.

 

Ne pensez-vous pas que tout cela conduit à fusionner le CSA et l’Arcep, comme les Britanniques ou les Américains qui ont un seul régulateur ?

La régulation audiovisuelle est très spécifique. En revanche, je pense qu’il faut articuler les deux régulations. La convergence ne date pas d’hier, mais elle s’accélère tous les jours davantage. Tous les médias évoluent, développent des applications numériques. Certains sont installés à l’étranger, ce qui rend la régulation encore plus complexe. Les modèles de financement changent en conséquence, sans être d’ailleurs vraiment stabilisés. Il est indispensable qu’on se mette d’accord au niveau européen. Ce sont des questions essentielles que je porte depuis trois ans, puisque je m’en occupais déjà dans ma précédente fonction ministérielle. J’avais demandé à Jean Tirole, bien avant qu’il ne soit prix Nobel, de travailler avec nous sur la question de la création et du partage de la valeur dans l’économie numérique. Je n’ai pas envie d’être dans un monde où tout est déterminé par un algorithme, lequel me pousserait vers des blockbusters. Notre système doit être préservé parce qu’il assure la diversité. C’est ça l’enjeu de mon ministère : faire en sorte que le public puisse continuer de découvrir Fais pas ci, fais pas ça, Dix pour cent, un documentaire passionnant sur les origines du djihadisme, Le Bureau des légendes, le premier concert d’un jeune artiste ou encore Tosca mis en scène par Luc Bondy. De la diversité et tout un champ des possibles…

Propos recueillis par Serge Siritzky

Actualités
17 janvier 2016

Voeux de bonne année 2016

Chers  Membres de l’ADM.

Permettez-moi, au nom du Conseil d’administration de notre association, de vous présenter nos meilleurs vœux pour l’année 2016.
Nous espérons qu’elle sera fructueuse pour chacune et chacun d’entre vous et que notre association, grâce à vous, continuera de s’épanouir et de grandir.

Votre adhésion massive (nous sommes aujourd’hui 82) a garanti l’indiscutable représentativité de l’ADM, condition sine qua non pour mener à bien les tâches et les revendications que nous nous sommes fixés.

Il va de soi que la participation de toutes et de tous, face à l’ampleur du chantier, est indispensable pour le mener à bien.

Nous prévoyons très prochainement la création d’une newsletter qui contribuera à mieux rester en contact et à mieux échanger.
Dans cet ordre d’idée notre site entièrement homemade (http://www.associationdesmixeurs.fr/) et son forum sont là pour que vous puissiez mieux communiquer avec l’association et ses membres.

N’hésitez pas à faire part de vos suggestions et critiques.

Ce site est le vôtre! Cette association est la vôtre!

A très vite.

Amitiés.

Jean-Pierre Laforce pour le CA de l’ADM.